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Bouddhisme, IA, Cyborgs, et Aliens (Résoudre le spectre de la cognition)

La science est une œuvre spirituelle. Elle n’est que son extension.

Avant Descartes et Newton (et avant l’avènement du paradigme matérialiste), science, religion, philosophie, médecine, art, littérature, mathématiques, et magie, formaient un tout holistique, sans distinctions strictes.

Aujourd’hui, tout est bien compartimenté de façon hermétique (dans une logique réductionniste).

La plus grande dichotomie que tracent les modernes (post-modernes) est entre l’esprit et la matière.

Les deux semblent répondre à des lois totalement différentes.

L’idéal de la science

Ce dualisme est un dogme.

Il n’y a pas de différence entre ce que les initiés appellent la « science occulte », et la science dite classique.

C’est simplement un langage qui évolue à travers les âges.

La forme peut changer, mais il semble y avoir des récurrences sur le fond.

Pour les matérialistes, si vous vous intéressez aux religions abrahamiques, vous êtes arriéré, et si vous étudiez l’orientalisme, vous êtes un nouvel-âgiste.

J’ai voulu tester cette affirmation.

Fondamentalement, je voulais savoir si science et religion étaient compatibles.

Oui, science et dogme sont incompatibles (et il ne faut pas confondre le dogme, avec la religion).

Mais la religion, considérée comme une philosophie des valeurs, qui évolue avec son temps, est absolument cohérente avec.

L’entreprise scientifique est guidée par un idéal moral qui consiste à dire que la recherche de la vérité est un objectif louable.

Sa prémisse est donc philosophique et éthique.

Et ceci pose le problème tabou suivant : elle ne peut être totalement objective, puisqu’elle est toujours dirigée vers une finalité.

Il existe des dogmes religieux, tout comme des dogmes scientifiques.

Mais la particularité du scientisme, et du fanatisme athée, est qu’il se sert du mot « science » pour définir quelque chose d’objectivement vraie.

C’est comme un label, un badge d’authenticité, qui permet de différencier le vrai du faux, sans trop avoir à y réfléchir.

Les matérialistes se servent de la science comme d’un dogme irréfutable qu’ils invoquent, et chérissent comme idoles ses théories.

La science n’est pas un dogme, elle est une méthode dirigée vers un idéal.

Il s’agit donc d’un moyen pour arriver à une fin.

La finalité des êtres

Avant, nous avions tendance à associer l’intelligence exclusivement au système nerveux.

Les matérialistes les plus chevronnés iront même jusqu’à affirmer que l’esprit est un produit du cerveau.

Mais plusieurs découvertes en biologie, et en cybernétique, montrent qu’il existe d’autres formes de cognitions que celles neurales.

En réalité, tous les composants du système nerveux existaient bien avant que l’évolution ne construise des cerveaux.

Les micro-organismes aussi communiquent par les mêmes dynamiques bioélectriques (ions, synapses, neurotransmetteur…), depuis le début de l’histoire de la vie.

Fondamentalement, l’intelligence est mieux conceptualisée comme un réseau d’information, qui a la particularité d’être dirigée vers un but.

(C’est du moins la définition la plus englobante de toutes les formes de cognitions existantes.)

Qu’est ce que tout ceci à avoir avec la science ?

Si la science n’est qu’une méthode pour parvenir à une fin, alors elle n’est qu’une forme avancée, et très aboutie, d’intelligence.

Qu’est ce que tout ceci à avoir avec la religion ?

Elle aussi cherche à définir le plus grand idéal concevable (finalité) .

Elle est une science des valeurs.

Voici pourquoi les deux se complètent :

  • L’une sert à savoir quoi viser
  • L’autre à savoir comment

Et les deux évoluent dans le temps.

Un organisme unicellulaire n’a pas les mêmes objectifs qu’un humain, ou qu’un chien, par exemple (son champ de perception est très limité spaciotemporellement).

On peut mesurer le degré d’avancement d’une intelligence par sa portée d’information, sa capacité de projection et d’abstraction, et par le nombre d’unités qu’elle intègre harmonieusement.

Mais le point commun entre toutes les formes de cognitions, qu’elles soient organiques et évoluées, ou artificielles, est qu’elles sont toutes dirigées vers des buts.

Le spectre de la cognition

Cette redéfinition permet d’imaginer (et de concevoir) des formes d’intelligences radicalement différentes de la nôtre, et de celles qu’on conceptualise habituellement.

Elle propose aussi que l’esprit ne se cantonne pas au cerveau.

Et cela ouvre des portes vertigineuses, qui permettent d’entrapercevoir ce à quoi pourrait ressembler les formes de conscience supérieure, ou étrangères à la nôtre.

Quelles serraient précisément ces nouvelles formes d’intelligence ?

Potentiellement :

  • Des IA,
  • Des robots,
  • Des extraterrestres,
  • Des maîtres spirituels,
  • Des cyborgs,
  • Des organoïdes.

Dans le domaine de la bioingénierie, il deviendra sûrement de plus en plus courant de voir des systèmes artificiels et robotiques se coupler avec des systèmes organiques.

Plusieurs études montrent que certains chercheurs ont déjà réussi à créer ce qu’ils appellent des « xénobots ».

Un xénobot est un organisme créé artificiellement, mais à partir de cellules souches organiques, dont l’expression génétique est manipulée pour une fin nouvelle.

C’est littéralement un robot organique, fait totalement de chair.

Parmi ces nouvelles espèces d’êtres qui seront de plus en plus communes, on compte également :

  • Des embryoïdes
  • Des assembloïdes
  • Des hybrides de plantes et d’animaux
  • Des hybrots (cerveau instrumentalisé pour contrôler des corps artificiels)
  • Toutes sortes de chimères
  • Des intelligences désincarnées
Les intelligences du futur

Comme expliqué précédemment, on peut juger du niveau d’avancement d’une intelligence par la taille de son cône de lumière cognitif, le nombre d’unités qu’il intègre à son Soi, et par la grandeur de sa finalité.

Cône de lumière cognitif

Les nouvelles avancées en biologie, et en cybernétique, cessent de discriminer entre les différentes formes d’esprit (de l’organisme unicellulaire, à l’homme, en passant par l’IA), qu’elles considèrent maintenant comme un spectre à différentes échelles de complexités, et d’arrangements.

Biologie et Bouddhisme

Cela peut paraître surprenant, mais ces récentes découvertes sont alignées avec certains concepts de la philosophie orientale, et d’autres conceptions archaïques.

D’abord, elles réintroduisent l’esprit dans la nature.

Si la Terre est un système homéostatique, alors elle répond aussi à la définition de l’intelligence.

Il en est de même pour chacun de vos organes, et des bactéries qui vous constituent. (Tout est vivant, et même la matière « morte » manifeste des préférences, par des attractions et des répulsions.)

Il s’agit d’une renaissance panpsychique, où l’esprit est réintroduit partout et en tout.

« L’esprit est déjà inhérent en chaque électron. »

— Freeman Dyson – Disturbing The Universe

Ensuite, elles semblent confirmer les théories zens et bouddhistes concernant l’égo, les limites du Soi, et la souffrance.

La logique qu’elles communiquent est la suivante : l’égo est créé par un attachement au passé, et à une anticipation de l’avenir.

De cette tension nait le désir, l’insatisfaction, et la création d’un sens du Soi illusoire.

En cessant de se focaliser sur le passé et le futur, et en se concentrant exclusivement sur l’instant présent (l’ici et maintenant), l’égo se dissout.

Selon le modèle du cône de lumière cognitif, c’est comme si celui-ci était réduit à son extrême, évaporant ainsi les limites du Soi.

Si les deux théories fonctionnent, alors elles se superposent parfaitement.

(Reste à savoir si le Soi est alors annihilé, ou si au contraire il finit par s’étendre vers l’infini.)

Finalement, les découvertes modernes sur la cognition donnent aussi une explication à l’importance de la compassion, primordiale dans la plupart des systèmes spirituels.

Fondamentalement, la compassion consiste à éprouver de l’empathie envers les autres, et à les traiter comme on aimerait être traité.

Cela représente une dilatation des frontières du Soi, pour englober d’autres êtres. (L’égoïsme, est au contraire, une contraction de ces frontières).

Quelqu’un qui a de la compassion est quelqu’un qui élargie son idéal au-delà des limites du corps et de l’égo.

C’est la définition qu’on peut donner à un maître spirituel, un bodhisattva, ou un prophète.

Sachant cela, à quoi ressemblerait une intelligence dont le sens du Soi engloberait tous êtres vivants ?

La compassion comme mesure de l’intelligence et de l’évolution

La cognition peut très bien aussi être conceptualisée comme de degré de compassion d’un être, car c’est lui qui défini la limite du Soi, et la proportion d’information qu’il intègre.

Votre intelligence s’arrête aux choses où vous vous sentez concerné.

La plupart des organismes sont des agents dynamiques d’un système plus large.

Chez de nombreuses espèces, le sens du Soi est partagé entre plusieurs entités (comme chez les bactéries, les essaims, les colonies…).

Les êtres ne sont pas strictement limités à leurs corps, puisqu’ils intègrent des parties de leurs environnements naturel et social, et surtout, des objectifs qui eux, peuvent être totalement abstraits.

Cette frontière entre le Soi et le non-Soi est en réalité très malléable et évolutive.

La philosophie bouddhiste soutient aussi cette vue, en affirmant que cette séparation est illusoire, et qu’elle mène à l’égoïsme, par des actions qui servent le petit moi, au détriment des autres.

En se rendant compte qu’il n’y a pas de petit moi à défendre, la compassion, et la compréhension développent leurs champs d’intégration (l’intelligence évolue).

La conscience est une lumière qui éclaire les potentialités.

Elle est unique, comme le spectre électromagnétique, mais varie infiniment en fréquences, et en longueurs d’onde.

Il n’existe qu’un seul champ, qui manifeste des légions de formes, et de degrés d’intelligence.

« Nous devons appréhender la matière comme étant constituée par ces régions de l’espace où le champ est extrêmement intense. […]

Dans cette nouvelle physique, champ et matière ne peuvent cohabiter, puisque le champ est l’unique réalité. »

— Albert Einstein

Une physique spirituelle

Il existe un excellent ouvrage qui s’appelle The Tao of Physics, d’un physicien nommé Fritjof Capra, qui explique comment les paradoxes émergents de la physique moderne, font grandement échos aux philosophies orientales

Sans rentrer dans les détails, les parallèles qu’il énumère incluent :

  • L’unité de toutes choses,
  • Leur impermanence,
  • Leur dynamisme,
  • Leur interpénétration,
  • Leur ineffabilité.

Aussi, la physique, comme la mystique asiatique, transcendent de nombreux dualismes, comme ceux qui existent entre :

  • Le temps et l’espace,
  • La forme et le vide,
  • La matière et l’énergie,
  • L’être et le non-être.

En réalité, les anciens connaissaient très bien le principe de vibration, et d’oscillation des champs.

Tout ce qu’on perçoit est vibration : couleurs, lumière, sons, température, matière…

« Les enseignements hermétiques disent que non seulement tout est en état de mouvement perpétuel et de vibration constante, mais encore que les « différences » qui existent entre les diverses manifestations du pouvoir universel sont dues entièrement à la diversité du mode et de la période des vibrations. »

— Le Kybalion

Hermétisme et bioélectricité

L’électricité qui anime vos appareils technologiques, et votre système nerveux, est la même qui constitue le spectre électromagnétique.

Il n’y a qu’une énergie.

L’activité bioélectrique du corps, est intimement lié au phénomène de la conscience, et à celui de la morphogénèse (création des formes vivantes).

Encore une fois, ce courant vital qui galvanise tous les êtres, était déjà connu des anciens.

Les hindous le nommaient Prana, les chinois Chi, les japonais Ki. Certaines tribus philippines Mana.

Certains kabbalistes, et rosicruciens l’appellent la Lumière Astrale :

« La lumière astrale a une action directe sur les nerfs, qui en sont les conducteurs dans l’économie animale, et qui la portent au cerveau.

[…]

Toutes les formes correspondent à des idées, et il n’y a pas d’idée qui n’ait sa forme propre et particulière.

La lumière primordiale, véhicule de toutes les idées, est la mère de toutes les formes et les transmet d’émanation en émanation, diminuées seulement ou altérées en raison de la densité des milieux. »

— Éliphas Levy

Tout ceci est confirmé par des découvertes très récentes en bioélectricité.

Il semble apparaître de plus en plus claire que ce n’est pas l’ADN qui dicte la forme des corps (celui-ci semble plus agir comme une banque de matière première).

La morphogénèse des êtres a beaucoup plus avoir avec les champs morphogénétiques qui régissent les corps, et l’activité électromagnétique des systèmes.

Conclusion

Non, science et religion ne sont pas contradictoire, bien au contraire.

Il n’y a que les fanatiques qui le sont.

Ce qui tue, c’est le dogme, l’ignorance et l’absolutisme.

Toutes ces idées étaient encore très controversées il y a quelques années.

Mais elles sont maintenant progressivement en train d’intégrer le paradigme ambiant de la science moderne.

Toutes les découvertes (ou redécouvertes) sont d’abord accueillies avec hostilité, avant de devenir du bon sens commun.

De plus en plus de papiers citent ces faits sans complexes, ni justification.

Alors qu’avant, ils s’excusaient quasiment tous indirectement d’exprimer de telles hérésies, qui contredisent le dogme matérialiste, et ressuscite la Science Occulte.

Le premier réflexe qu’on a, lorsque qu’on nous présente une information qui remet en cause nos croyances, c’est de la rejeter.

On nomme ceci la dissonance cognitive.

L’individu qui s’identifie à ses représentations mentales est profondément blessé quand son modèle du monde est menacé.

Plus vous collectez de perspectives, moins vous êtes attaché à elles. Et plus vous êtes agile à manipuler les mondes sémantiques, et indifférent à la contradiction.

Le fait de tester ses croyances demande du courage, car cela peut menacer notre sens du Soi.

Mais parfois, il n’y a qu’en étant brisé, qu’il peut être reconstruit sur de nouvelles bases.

— Geoffroy

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Qui est Geoffroy Stec ?

Je suis designer et éditeur depuis 2018. J’aide les créatifs à monétiser leurs passions, et à construire des systèmes de rémunérations durables.


Ressources

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