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Il n’existe qu’une seule religion (Ce n’est pas celle que vous pensez)

La plus grosse crise de notre temps est existentielle.

Nous vivons globalement dans un confort matériel jamais égalé dans l’histoire.

Pourtant, le taux de dépression ne fait qu’augmenter.

La vie moderne est aliénante, et manque de quelque chose.

Nous sommes déconnectés de la nature, de nos semblables, et de notre véritable identité.

Notre monde est désenchanté.

La magie, qui autrefois habitait l’esprit de tous, a été remplacée par un matérialisme glacial poussé à son paroxysme.

On peut juger d’une philosophie (et de la politique qui en découle) par les résultats qu’elle produit.

Le fait de n’avoir aucun idéal transcendant produit des résultats catastrophiques au niveau individuel et collectif.

Vérités irrationnelles

Dans chaque système, il existe des prémisses (des axiomes) indémontables, qui dictent sa structure.

Certaines choses sont improuvables, pourtant ce sont sur elles que l’on construit des systèmes logiques (et des sociétés).

Le fait de poser ces axiomes sont du domaine de la philosophie, et non de la science.

En ce sens, on peut presque dire que la philosophie lui est supérieure, puisque c’est elle qui impose le cadre dans laquelle la science est possible.

L’essence du droit est basée sur une vérité indémontrable : celle qu’il existe en l’homme, et la femme, un principe divin qui mérite le respect, la paix, la considération, le bonheur, et la dignité.

Notre civilisation est basée sur ce principe sacré et religieux, et à chaque fois qu’il est bafoué, l’ensemble de la structure s’ébranle.

L’existence se manifeste à nous selon nos croyances.

Qu’induit l’idée selon laquelle nous sommes issus du hasard de la sélection naturelle, que nous habitons un rochet insignifiant perdu dans l’espace, et qu’il n’existe aucune transcendance, ni sens à la vie ?

Ce nihilisme est la cause de nombreux malheurs.

La crise moderne

Dans un article précédent, nous avons vu que c’est une question centrale de l’œuvre de Nietzsche.

Il annonça l’effondrement de la morale européenne, qu’il signifiait comme « la mort de dieu ». Il prédit que ce terreau serait le parfait combustible pour les totalitarismes des siècles à venir, et l’histoire lui donna raison.

Ce problème était l’obsession de sa vie, auquel il consacra tout son génie.

Que se passe-t-il lorsque vous arrachez les racines d’une civilisation ?

Vous laissez un vide, (dont la nature a horreur) qui se fera remplacer par de nouvelles idéologies.

Elles deviennent ensuite des monstres tentaculaires qui n’ont que pour but le contrôle mental de ses membres, pour pouvoir alimenter leur illusion de réalité. (Voir les dystopies de type 1984, ou même le film Matrix, ou encore les exemples historiques de totalitarisme.)

Les principales guerres d’aujourd’hui sont idéologiques.

On ne se bat moins pour des territoires que pour des idées.

La plupart pensent qu’ils doivent forcément choisir un camp qui s’oppose à d’autres.

Les libres penseurs ne sont pas des idéologues. Ce sont des personnes qui usent de leur conscience, de leur jugement, et de leur rationalité pour interpréter leur environnement.

Lorsque l’on sait penser par soi-même, on n’a plus besoin qu’une autorité nous dicte quoi croire. (Le cauchemar de tout tyran.)

La guerre des valeurs

Comme déjà expliqué à maintes reprises, il existe deux types de vérité : les vérités scientifiques, et les vérités pragmatiques.

L’une décrit des objets, la seconde décrit des valeurs subjectives.

Le but de la philosophie est de trouver l’ultime idéal, et de formuler une image appréhendable du bien absolu.

Elle est la science des valeurs.

Votre philosophie détermine la direction où vous vous orientez.

Si vous êtes nihiliste alors vous vous dirigez vers le néant.

Nietzsche pensait que puisque la morale judéo-chrétienne s’était effondrée, l’individu devait recréer ses propres valeurs.

Celui qui y parviendrait deviendrait un « surhomme ».

Seulement, demandez à l’individu moyen de créer son propre système de valeur, et vous le verrez bientôt confondre « morale » avec la satisfaction de tous ses instincts primitifs. (Exacerbation de tendances antisociales et chaotiques.)

Souvent, ce que l’on désir, et ce qui nous est vraiment bénéfique, sont à l’opposé.

Autre problème : nos systèmes de valeurs sont des règles de savoir-vivre qui assurent un minimum de paix sociale, et de réciprocité. Ils ont un rôle important à jouer dans la régulation de nos émotions. Quand on partage un idéal moral, on peut anticiper les comportements d’autrui.

Si chacun a son propre système de valeurs, alors celles-ci vont forcément rentrer en conflit, et les différences deviendront imprévisibles et anxiogènes.

Morale et archétypes

Ceci est le constat des courants psychanalytiques, et plus particulièrement l’école de Carl G. Jung.

Contrairement à Nietzsche, il pensait qu’on ne pouvait pas créer ses propres valeurs.

Selon sa conception, la morale est quelque chose d’innée, et dont nous avons tous une connaissance intuitive, et inconsciente.

Jung arriva à cette conclusion après avoir étudié les rêves et l’imagination de nombreux patients, et par une analyse approfondit de la littérature classique.

Si vous étudiez comparativement toutes les religions, et les mythologies du monde, vous verrez qu’il existe des grands axes narratifs (qu’il désigne comme des archétypes).

Ces archétypes vivent en vous, et vous voyez leurs manifestations dans vos rêves, vos fantaisies, et vos pulsions inconscientes.

Il existe des choses que vous savez, mais que vous ignorez que vous savez.

Cette compréhension est intuitive, et non-articulée. (Jean Piaget a détaillé cette forme d’apprentissage.)

Un enfant de 5 ans est capable de jouer à certains jeux sans pouvoir en articuler les règles.

C’est la même chose pour les adultes et le grand jeu de la vie : nous savons y jouer, notre conscience nous dicte intuitivement les règles, mais nous sommes pour la plupart incapable d’expliquer ces règles.

Elles peuvent grossièrement se résumer par :

  • La réciprocité
  • La collaboration
  • Le partage
  • La bienveillance
  • Le sacrifice
  • Le courage
  • L’effort
  • L’humilité
  • L’intelligence
  • La force
  • Le respect
  • La dignité
  • L’intégrité
  • La compassion

Chaque fois que vous enfreignez ces règles votre conscience vous torture par le poids de la culpabilité, et vous vous réfugiez dans l’inconscience.

Déconstruire le déconstructivisme

La plupart pensent que la morale est une construction sociale, et qu’elle est donc arbitraire.

Les ethnologues ont mis fin au débat, en montrant qu’il existait des formes de proto-moralité chez des espèces comme le chimpanzé, le rat ou le dauphin.

Les animaux s’organisent selon des structures hiérarchiques de pouvoir.

Ceux en haut de la chaine (les alphas) jouissent de meilleures ressources, de meilleurs territoires, et de meilleures opportunités de reproduction.

Si cette structure est présente dans le règne animal, et qu’elle existe depuis plus de 500 millions d’années, alors elle ne peut pas être, par définition, une construction sociale.

La deuxième prémisse erronée est que cette hiérarchie est entièrement basée sur la force brute, la violence et la corruption.

Même dans le règne animal, les tyrans se font vite renverser par des révoltes. L’autoritarisme n’est jamais une forme de gouvernance stable sur le long terme.

Ce qui dicte la position hiérarchique d’un membre d’une espèce est plutôt basé sur sa compétence, sa capacité à collaborer, et à construire des relations durables et réciproques.

Le véritable singe alpha est plus un diplomate, un « bon parent », plutôt qu’un dictateur autoritaire.

Si on en croit donc ces données, il existe une morale universelle partagée par les hommes, mais aussi par les animaux.

Ceci explique le fait que l’on ait tous une connaissance innée du bien et du mal, (qui d’un point de vue évolutionnaire, est un mécanisme qui sert la survie, et la reproduction des individus, et des espèces). Car un système de valeur qui fait périr tous ces colporteurs ne peut survivre dans le dans le temps.

L'échelle des valeurs

On perçoit des valeurs

Nos valeurs dictent notre perception du monde.

Il existe une infinité de signaux que vous pouvez potentiellement percevoir dans l’espace à chaque instant.

Dans ce chaos informationnel, vous êtes obligé de sélectionner une petite partie du spectre, et de supprimer tout le reste.

Dit simplement : vous ne percevez que l’information que vous valorisez.

C’est comme ça que vous catégorifiez les signaux : en fonction de leur position sur une échelle de valeur.

Au chaud, sec et rassasié, est mieux que dans le froid, mouillé et affamé.

Vous ne percevez pas des objets dans un environnement objectif, vous percevez des valeurs subjectives.

Le fait de saisir un stylo, par exemple, nécessite que vous considériez cette action comme plus importante que de saisir n’importe quel autre objet au hasard.

« Plus importante » est une catégorisation sur une échelle de valeur, et toutes vos actions et votre perception est basée sur celle-ci.

La moralité ne dicte donc pas seulement la qualité de vos interactions sociales, et la stabilité de nos sociétés ; elle dicte également la façon dont vous recevez l’information de l’environnement, et par extension vos comportements.

Ceux qui pensent qu’elle est arbitraire sont soit ignorants, soit aigri du fait de ne pas avoir respecté ses règles élémentaires, et d’en avoir payé les conséquences.

Personne sans foi ni loi ne peut avoir d’estime de soi solide. Les saints, au contraire, développent des auras inébranlables.

Universalisme

Les mythologies et les religions du monde sont des tentatives d’articulation d’un savoir inné et inconscient.

Elles mettent en forme les archétypes de la psyché collective, et tirent toutes leur origine de la même source.

Il n’existe qu’une seule religion qui prend de multiples formes selon les cultures.

Tous les mythes fondateurs ont la même structure narrative, (bien que la forme puisse changer), comme le montre Joseph Campbell dans Le héros aux mille et un visages.

Il existe plusieurs tentatives d’explication à ce syncrétisme :

La première théorie, celle des occultistes, affirme que toutes les religions, et les sciences, descendent d’une civilisation disparue il y a fort longtemps (Atlantis).

La seconde théorie, celle des psychanalystes, est que ces mythes sont tirés de la structure de l’inconscient, et de ses archétypes (qui sont universels et intemporels).

La troisième théorie, celle des évolutionnistes, est que cette morale est une stratégie d’adaptation à l’environnement, et qu’elle est simplement issue de la sélection naturelle (toutes les autres stratégies et systèmes de valeurs n’ayant pas survécu au temps).

La quatrième théorie, celle des animistes, est que ces règles omniprésentes sont la manifestation de la volonté de formes d’intelligence désincarnées, qui habitent le plan des idées.

Bien qu’il existe plusieurs interprétations du phénomène, nous avons ici un argument scientifique (théorie de la perception, psychologie de l’inconscient, et évolution) pour un universalisme.

Reconnaître qu’il n’existe qu’une religion, qui se manifeste différemment selon les cultures, et les individus, n’est-il pas le début de la fin de la guerre des dogmes ?

Conclusion

Les productions culturelles d’aujourd’hui seront les mythologies de demain.

Beaucoup étanchent leur quête de sens, et leur idéalisme, par l’adoration de personnages réels ou fictifs.

Les gens vouent des cultes à Harry Potter, Le seigneur des anneaux, Spiderman, StarWars, Avenger, Batman, DragonBall

Ces mythes modernes incarnent aussi l’archétype du héros.

Ils sont des idéaux moraux, qui captent instinctivement l’attention, et qui produisent une étrange fascination.

Toutes ces histoires sont des voyages initiatiques.

Elles sont des indices sur les voies qui mènent à l’individuation, et à la réalisation de soi.

Jung pensait qu’un effort moral était une forme de thérapie, capable de guérir de nombreux déséquilibres psychiques, et de traverser les pires traumatismes.

À l’inverse de la pensée New Age, et à l’instar des pessimistes, il ne niait pas la tragédie de la vie.

Nous arrivons dans ce monde par la souffrance. Et dans nos vies, nous serons forcément confrontés tôt ou tard, à la mort, la maladie, et la malveillance.

Parce qu’il n’y a pas de héros sans adversité.

Et que c’est en passant par les enfers que nous sommes ressuscités.

En lui faisant face, le Diable est neutralisé.

Il n’existe qu’un culte, c’est celui de la lumière, du soleil, et de la conscience (qui sont en soi les mêmes choses).

Pourquoi célèbre-t-on la naissance du Christ au solstice d’hiver, quand les nuits sont les plus longues ?

Parce que c’est à ce moment de l’année que l’obscurité recule face à la lumière (les journées s’allongent).

Jésus est une divinité solaire, au même titre qu’Osiris ou Dionysos (ou qu’Harry Potter ressuscité par les larmes d’un phénix).

Ils sont les symboles de votre conscience, et de ses transformations.

— Geoffroy

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Qui est Geoffroy Stec ?

Je suis designer et éditeur depuis 2018. J’aide les créatifs à monétiser leurs passions, et à construire des systèmes de rémunérations durables.


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